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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Opération spéciale en Irak

Comme je l'évoquais précédemment dans une brève sur la partie du blog Facebook, les Etats-Unis d'Amérique font la guerre et mènent des batailles, en appui, en soutien, en action indirecte, directe, conventionnelle ou spéciale. Ils le font depuis la Seconde Guerre mondiale, que le "Trésor" public soit restreint ou au vert. A l'image des années 1970, la bannière étoilée s'est désengagée des grands conflits (Guerre d'Afghanistan et d'Irak), pour réorienter l'expression de leur puissance militaire, autour de "la Force utile". Cette force utile, une des flèches de la puissance totale, est contenue présentement dans l'aviation, les forces spéciales de l'USSOCOM, et les groupements de commandos. C'est ce qu'explique le général Sir Rupert Smith dans son écrit sur "L'utilité de la force".

Pour les "soldats" américains, cette "force utile" s'est de nouveau affirmée au mois d'octobre 2015. En effet, le Pentagone et la Maison-Blanche ont révélé à la presse anglo-saxonne, et notamment au New-York Times, l'existence d'une mission spéciale, d'appui aux forces conventionnelles irakiennes, et d'infiltration au sein d'un bastion important du carré stratégique de Daech en terre d'Irak. Selon les dernières nouvelles, l'opération spéciale aurait permis la libération de quelques 70 otages et la capture de cinq représentants de l'EI. Ajoutons à cela, la saisie certaine d'informations classées "secret défense", qui pourront renseigner assez largement, le Pentagone sur les désirs de l'EI dans sa guerre totale, mondiale et universelle. La réussite de cette opération illustre la "grande politique de guerre" des USA en Irak, en Afghanistan (en Afrique, au Yemen ... partout, à l'exception de l'Asie-pacifique où l'expression de la force reste globale).

D'après Peter Cook, cette action exceptionnelle, qui a couté la vie à l'un des membres des Forces spéciales américaines (Joshua Weeler), devrait devenir une tradition pour les quelques années qui vont suivre la fin de cette deuxième décennie du XXI siècle. Un message pas très novateur pour les spécialistes de la guerre, puisque les grands penseurs et stratèges occidentaux savent parfaitement que pour le XXI siècle, toute guerre qui n'impliquera pas des puissances de haut rang, se jouera selon les dés hasardeux de l'asymétrie, de la "guerre hybride", de la "contre-insurrection", avec pour les uns, des forces à la technologie limitée, peu couteuse, mais en élévation, pour les autres, des Forces spéciales, des commandos, des moyens aériens (héliportés, aviations, drones, satellites ...).. tout ce qui réduit la boucle OODA ou s'inscrit dans le concept de "projection".

D'ailleurs, l'opération spéciale a impliqué des Chinooks et Blackhawk (cinq selon les chiffres rendus publics). Deux types d'hélicoptères servant à l'assaut héliporté, au transport, à l'évacuation sanitaire (MEDEVAC), à la reconnaissance héliportée...

L'opération était indispensable pour les officiers US vis à vis de ses alliés, puisque c'était un gage de confiance moral, psychologique et militaire. A la guerre, le fer prime l'or. Pour les soldats qui luttent contre l'EI, le sabre américain est une arme au-dessus de l'esprit. Un diadème explicite et visible qui en dit plus que de longs discours. Le fer marque, la parole conclue, et pérore.

Petraeus, McCrhystal ... Smith... Desportes, Mercier, Lanata, de Villiers ... tous ces généraux occidentaux connaissent le sens actuel de la guerre. Son gout est à la saveur de la guérilla. "Petite guerre", "guerre des partisans", "guérilla" ... toutes ces guerres doivent être au centre des réflexions, de l'auto-éducation de nos officiers, pour appréhender la pureté des duels à grande échelle des prochaines années du roman centenaire.

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