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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Détruire le lien armées-nation

« L’armée est la nation » proclamait l’Empereur.

Le lien armées-nation est une conception qui n’a de sens que sa vacuité. Vide, elle illustre une séparation pourtant réelle entre des Soldats-citoyens d’un côté, et des citoyens de l’autre. Elle démarque l’Armée de la Nation. Un idéal difficile à comprendre pour un Etat dont l’histoire ramène avec diligence vers les termes de « La nation en arme ».

En bons penseurs, les défenseurs du régime « République » se sont éperdument imposés le devoir de parler des « soldats » comme étant les « gardes » de la cité. Etre garde d’une citadelle, c’est obtenir du Grand ensemble, un hommage éternel pour la vocation à mettre son corps et son âme au service de la préservation de la communauté. Dans l’Antiquité, bien avant la Révolution française et la loi Jourdan, chaque homme était destiné à une fonction nécessaire à la collectivité. Dans la cité athénienne de Thucydide, en s’attachant à la conversation de ses pairs, le soldat développait son corps aux premières lueurs du matin, tout en participant à la vie publique. Dès le VI siècle avant J-C, « Clisthène avait établi un lien renforcé entre cité et armée, citoyen et hoplite, fonction civique et fonction militaire en créant l’éphébie ».

L’armée était devenue pour la communauté athénienne, un élément essentiel et fondamental pour la cohésion de la cité, d’où le terme de « soldat-citoyen », « citoyen-soldat ».

Dans la Germanie évoquait par Tacite, on remplace le terme de citoyen par paysan, celui qui travaille la terre. Ce n’était plus le citoyen-soldat, mais le paysan-soldat. L’un n’allait jamais sans l’autre. La communauté apportait à ses gardes une reconnaissance extérieure, et intérieure lorsqu’elle-même se devait de délaisser l’esprit, pour saisir le sabre.

Pour la Rome de Tite-Live, dès les premiers rois, la tradition montrait la cité engagée dans des conflits armés. Le citoyen participait à la vie politique, tant que militaire. On parlait en cela d’armée civique. Ainsi, en contrepartie des droits civils et politiques conférés par le statut de citoyen, le romain était tenu de se faire recenser et de servir dans l’armée.

En France, Charles VII se servit de conscrits. La Révolution française creusa le sillon et la voie « vers une armée nationale ».

Mais l’Armée était la Nation. Et la Nation était l’armée. Pour de longues années (à l’exception de courtes périodes), le peuple était lié à l’armée, dans la guerre comme dans la paix (trêve). L’Armée avait son rôle offensif, défensif mais aussi social. Elle servait la cité dans son évolution vers la stabilité, la paix sociale, et assurait à chacun une voie de refuge. Sa force morale se ressentait dans la littérature, et chaque esprit du Grand ensemble aimait à regarder ses hommes en armes. Ils défilaient dans les ruelles de Paris et dans les rues de nos provinces, aux couleurs de la Monarchie, de l’Empire ou de la République. Fleur de Lys, Aigle impérial, ou Marianne, le soldat était un emblème affilié à la terre. Il était l’âme au-dessus du "Drapeau".

Aujourd’hui, les soldats, pourtant citoyens, ne sont plus reconnus à la hauteur de leur service. Quant au citoyen qui n’est pas soldat, il a effacé de sa réalité la table des loisA affiliée à la régulation de la Nature : la nature est violente. Le sang nourrit les sillons, les sillons se nourrissent du sang. C’est la raison pour laquelle, des soldats qui sont en Guerre depuis bien longtemps (rien que pour le XXI siècle, on peut recenser comme GROSSES OPERATIONS : l’Afghanistan, la Libye, le Mali, l’Irak, la Syrie, le Tchad, la RCA ….) n’ont jamais été reconnus pour leur service. Il a fallu attendre que la violence revienne sur notre terre, pour que le Politique s’élève. Que les mots de « nous sommes en guerre » refassent surface.

Il faut détruire le lien Armées-Nation, pour rehausser le Drapeau de la Nation unie. Toutes les âmes françaises devraient (pouvoir) participer au service de la Cité. Tout citoyen devrait pouvoir servir sa terre, rendre hommage aux gardes de la République. Quant aux soldats, ils ne devraient plus être seulement un enjeu du « processus démocratique », ils ne devraient plus être utilisés pour une simple stratégie politique annotée sous l’appellation de « chef de guerre »… L’Armée est la Nation, et la Nation doit être l’Armée. L’hommage est un devoir du quotidien. Le « Je » dois redevenir un « Nous ».

A croire que comme le disait un Ancien, « citoyen, c’est l’ignorance qui vous aveugle ». A entendre l'appel de la foret, nous sommes en guerre depuis bien des feuilles tombées.

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