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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Bombardements sur Mossoul

Bombardements sur Mossoul

~~Difficile à mesurer, la puissance aérienne n’en est pas moins précise et destructrice. Sa primauté dans la réalisation des plans de guerre occidentaux au sein de l’opération « Inherent résolve » en fait un outil de résolution, et d’accession aux buts finaux du commandement.

Elle est l’instrument choisi (pas le seul évidemment, puisque l’on retrouve la 101 Airborne à Mossoul, et les FS anglo-saxonnes sont en assistance des troupes régionales pour des missions de soutien, de renseignement et de destruction d’objectifs humains et matériels) par les autorités politiques et militaires pour une guerre de nature terrestre.

1) Approche

~~Aujourd’hui, les forteresses aériennes réalisent les prophéties du début du XX siècle. La maitrise de l’air permet aux armées de s’octroyer une liberté de manœuvre sans commune mesure avec les forces ennemies.

Au Levant, dans un objectif de contenir et de minorer l’attractivité des embuscades et des opérations de harcèlement des forces terrestres et mobiles de l’Etat islamique, Rafale, Mirage 2000, F-22 Raptor et autres machines russes, appuient les unités au sol (forces irakiennes légitimes, forces syriennes, Peshmergas …) dans leur politique d’offensive terrestre, qui consiste à reprendre les villes, villages et fortifications perdues, à repousser au nord les lignes stratégiques, ainsi qu’à encercler les quelques milliers de soldats qui ont prêté allégeance à Daech, dans les plaines et montagnes du nord de la Syrie…

~~La puissance aérienne est au service du refoulement des forces ennemies. Elle participe à la politique de destruction totale de cet adversaire dénommé « terroriste militarisé ». Elle s’inscrit parfaitement dans cette guerre désertique, urbaine et montagneuse, puisque inatteignable et forte de résultat lorsqu’elle est coordonnée aux troupes engagées au sol. A la guerre, l’épreuve du feu impose d’avoir un but commun. Ce but commun défini, pourront alors s’animer dans la lutte finale les forces morales, humaines et matérielles.

Rappelons que pour la France, le Ministre de la Défense a déclaré en janvier : « La France » n’a « qu’un seul ennemi au Moyen-Orient, Daech », avec une directive militaire : « il n’y aura pas d’homme à terre ». L’initiative viendra donc du ciel !

2) Appui-aérien

L’aide fournie par les forces aériennes françaises, participe de la reconquête progressive des villes irakiennes : Tikrit, Sinjar, Baji et Ramadi ont été libérées.

~~ D’après l’Armée de l’air, depuis le 6 janvier 2016, quelques 98 sorties ont été effectuées par les pilotes français présents sur zone, pour 72 bombardements. Ces missions de destruction imposent une étroite coordination entre les unités de renseignement qui assurent le guidage en direction des cibles (FS, troupes locales, drones, ATL-II…), et l’aviation de bombardement (Rafale et Mirage 2000).

Cette semaine, l’aviation a mené un raid sur Mossoul en Irak qui « a permis de détruire un centre de commandement et de télécommunications » appartenant à Daech. Ces missions se font à partir d’un point d’appui : la base aérienne projetée de Jordanie.

~~Le commandement français a donc décidé de se concentrer sur les centres de gravité d’origine matérielle : infrastructure défensive, en vue de l’opération terrestre des forces irakiennes sur Mossoul, appuyées et assistées dans leur guerre urbaine face à 2000 soldats « islamo-militarisés » par la 101 Airborne qui avait déjà participé à la prise de la ville irakienne en 2003 (guerre contre les troupes de Saddam Hussein).

3) Pensée politique française

Les paroles du ministre sont éloignées d'un simple sophisme: « La guerre change (…) mais dans son caractère, en perpétuelle mutation, dans ses moyens techniques, dans ses modalités tactiques. A certains moments de notre Histoire, l’apparence de la guerre se transforme ainsi plus qu’à d’autres époques ».

La guerre au Levant sera longue, complexe, terrestre, aérienne et surtout humaine. Il n’y a que les âmes philanthropes qui pourraient s’imaginer qu’il existe une manière artificielle de désarmer, détruire et soumettre l’ennemi. Dans ce genre d’affaire, le surplus de bonté d’âme est parfois l’erreur morale à caractère stratégique, aux conséquences bien plus destructrices que le sang.

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