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Sabre-et-Esprit

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Soldats et diplomates de l'Armée française

Le désert et l’art de la guerre occidental (3) : Bugeaud

Le désert et l’art de la guerre occidental (3) : Bugeaud

~~« La guerre ne s’apprend qu’en allant au feu ».

1) Des temps politiques difficiles

~~Désert ou forêt, il faut pratiquer pour lutter et vaincre. Si l’on prend pour vérité les paroles à caractère moral du général Bonaparte, seules les armées et commandements accoutumés à la pratique de cette lutte humaine réglée par le sang, seront en capacité opérationnelle, lorsque l’autorité politique décidera de poursuivre ses desseins par l’alliage de l’homme et du fer.

~~En 1830, tandis que la monarchie de Charles X vacille, le ministre Polignac prend la résolution de régler un différend par le sang, dont la conquête s’achèvera sous le Second Empire.

~~Un différend économique et politique : le Dey d’Alger ayant usé de son éventail pour porter atteinte au consul français lors d’une discussion sur des affaires céréalières. Un coup d’éventail n’avait pour fin qu’une résolution diplomatique. Mais canonner une frégate française, « La Provence » dans la rade d’Alger, et décapiter les sujets de Sa Majesté sur la « Duchesse de Berry », il en allait d’une problématique trop sérieuse pour la laisser aux diplomates français. Ce n’était plus une crise politique, c’était une crise militaire. Il était donc urgent pour le Roi et sa Cour de décider des moyens adéquats pour sauver l’honneur de la Couronne. Le temps pressé, car à Paris la Révolution s’avançait.

~~C’est ainsi que les soldats Français se préparèrent à marcher en invoquant le nom de Saint-Louis pour sauvegarder l’honneur de la patrie. Drapeau blanc, drapeau tricolore, Lys ou aigle, Monarchie ou Empire, la guerre était décidée… et elle durerait.

2) Une expédition en marche

~~En 1830, les troupes françaises embarquent pour Alger. Le débarquement se fait à Sidi-Ferruch sous les ordres du général de Bourmont et de l’amiral Duperré. Les premiers temps se font selon les principes tactiques napoléoniens. Le commandement recherche la bataille imposée, la bataille décisive. Il faut maitriser les séquences, décider de où et quand se rencontreront les troupes. Les armées restent linéaires, il faut dominer la bataille par la manœuvre. Mais les résultats tactiques sont décevants. L’ennemi n’est plus le miroir des Mamelouks rencontrés à la Bataille des Pyramides.

~~En 1833, le cor signala le retour à la guerre du désert par les incessantes instigations d’Abd-el-Kader.

3) Bugeaud contre Abd-el-Kader

Bugeaud qui a combattu en Espagne, connait l’art de combattre les tribuns qui exploitent la haine et le fanatisme des populations locales. Les méthodes appliquées sont propres à la petite guerre irrégulière. Il faut être mobile, vif, en petit groupe. Eviter le déplacement massif des troupes françaises. Privilégier les embuscades, les patrouilles, la reconnaissance, le renseignement et l’attrition. Convaincre les populations locales. Le général use de la charrue et de l’épée, il met en réseau, bastions et troupes au sol. Des corps spéciaux sont créés, recrutés auprès des populations berbères et arabes. Il faut atteindre Abd-el-kader par l’audace, la pourchasse, et la poursuite.

4) De la guerre à l’installation

Après un débarquement flamboyant, et la prise d’Oran et d’Alger, l’Armée française avait été mise en échec. Mais les troupes mobiles recrutées localement, et la Légion étrangère, réalisèrent une lutte « anti-guérilla », qui permit de refouler l’ennemi vers le Maroc, et de sécuriser la région d’Alger. A partir des triomphes militaires, le général Bugeaud, devenu Maréchal, conforta sa gloire par la colonisation du sol, anciennement foulé par les Légions romaines. Il fut l’organisateur de tout un territoire : création de routes, assèchement des marais dans les vallées, donation d’outils pour les populations locales… mais les difficultés de la conquête imposèrent aux Européens de vivre avec la peurs et les maladies. La journée était vécue avec le fusil sur l’épaule ; la nuit avec l’arme au poing.

~~Quant à la fièvre, elle était le quotidien des soldats. Le père Bugeaud s’en alla par le choléra…

5) L’art occidental en Algérie

Ce qui est historique est précieux. En Algérie, la France combattit en appliquant les plans de guerre de l’art militaire occidental. Mais le climat, la nature, les mœurs… imposèrent aux différents généraux, une évolution dans l’art de diriger les masses. La violence mobile éclata les grands principes théoriques, et dirigea la pensée militaire en direction de la lutte anti-guérilla.

Il n’y a pas de guerre à l’eau de rose… le seul cout est celui du sang payé.

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