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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Du caractère de l’officier

Du caractère de l’officier

"Devenir guide de la meute, impose d'être lion, et non agneau"

1) Pensées

~~Un Etat bien avisé devra être guide de son aristocratie militaire, au nom de l’esprit et de la sécurité de la collectivité. Il devra apporter à ses enfants naissant, à sa masse sanguine des têtes vivantes, une catégorie d’officiers éduqués et instruits, ayant fait le serment inviolable de dévouer leur vie à la tâche ardue de la protection du sol et des intérêts nationaux. L’intégrité est un plat qui ne se partage qu’entre pairs d’un même banquet… Ces officiers formeraient alors, le manche de l’épée : le haut commandement prenant autorité sur sa garde de citoyens-paysans-soldats (qui forme le fer tranchant).

L’éducation de ces futures autorités militaires, oblige les sages à la transmission des lettres rapportées dans les mémoires de guerre. Elle conduit les représentants du « savoir-offensif et belliqueux » à enseigner quelques pensées imprégnées des caractères de la guerre.

~~A ces hommes-cadres de la survie du grand ensemble, l’Etat leur doit l’instruction sur la magie de la lutte humaine. Il leur faut appréhender cette faculté à saisir les branches du chêne aux rainures disparates (tendances lourdes et faibles des probabilités militaires ; géométrie des lignes …), et interpréter cette forme vivante et changeante qu’est la guerre (des racines profondes jusqu’aux cimes inattendues).

~~C’est la phase d’apprentissage de l’histoire naturelle de l’arbre de la vie militaire, où sévissent les fondements de la conduite politique, combattive et morale des opérations. C’est en assimilant la morphologie du chêne, que l’on peut concevoir la lueur des couronnes d’oliviers.

De l’instruction en ressortira la force de réflexion et de capacité d’auto-éducation des âmes. De la réflexion s’organisera mutuellement, la prévoyance des faits, et la maitrise des vertus et des vices de la lutte naturelle des hommes entre eux.

~~Une forme métaphysique s’épanouira dans chaque mémoire, garantissant aux élèves un jugement des réalités par la liberté et les responsabilités. La profondeur sentimentale du tout à chacun peaufinera l’élévation de l’officier en rattachant ses gestes individuels, au dévouement national.

La guerre est une affaire d’autorité et de peuple. Elle ne peut être réalisée sans solidarisation des volontés : seul l’esprit de la collectivité conditionnera l’être militaire suprême.

2) Du caractère de l’officier

~~La guerre est un art qui suppose des connaissances fourmillantes, dont l’essence est stratégiquement façonnée par la Nature.

C’est dans cette nature que se puise l’énergie du commandement. Il ne suffit pas d’être doué intellectuellement pour commander des sections d’hommes. Il faut du caractère. Du caractère pour diriger, du caractère pour orienter, du caractère pour commander, pour construire, pour tracer les lignes d’avancement et de ravitaillement ; du caractère pour s’émouvoir devant les failles tout en sachant retrouver l’élan de l’initiative stratégique ; du caractère pour inlassablement servir. Le caractère est la clé de l’engrenage qui actionne l’audace.

~~Ainsi, la guerre n’est pas un problème simplement intellectuel. Elle est une énergie où les réalisations s’agrémentent du caractère de l’officier. Ce caractère réclame que l’instruction transmette « l’élan à ceux qui sont voués à diriger les troupes ». Un élan qui rejette le commandement comme une simple joute académique, mais au contraire, le regardant comme un ensemble vivant aux multiples pousses où chaque branchage dispose de sa vitalité.

~~C’est en cela que l’unicité académique doit assurer la coordination des esprits, sans dépecer le principe d’auto-éducation : seul gage de l’initiative militaire. Enfin, c’est le caractère de l’officier qui commandera son aptitude à décider dans la certitude ou l’incertitude.

3) Paroles anciennes d’un officier

« Agir avec indépendance, en connaissant les intentions et la pensée du commandement supérieur, ainsi que l’unité du plan de combat, constitue dans la guerre moderne, un facteur décisif ».

L’art de la guerre ne serait existé sans liberté créatrice de l’officier dans l’action. La liberté ne doit pas pour autant conduire à la fantaisie individuelle dépouillée d’un destin commun…

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