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Sabre-et-Esprit

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Soldats et diplomates de l'Armée française

René Fonck, un « as parmi les as »

René Fonck, un « as parmi les as »

« A la chasse, n’attaquez que lorsque vous êtes sûr de gagner »

~~Un aviateur dans le silence, oublié de l’histoire. Un as des as, au cœur de pique, devenu un pilote de légende aux 75 victoires homologuées. Ce pilote, c’est René Fonck.

~~Ce personnage fascinant, aura combattu au cours de la Première Guerre mondiale au sein du « groupe Cigognes » (groupe de combat de renom qui aura compté dans ses rangs des pilotes tels que Guynemer, Dorme ou Garros), abattant ses ennemis dans l’honneur, cherchant plus à détruire les carlingues allemandes qu’à tuer les aviateurs du Kaiser. D’ailleurs, en 1920, fier d’avoir combattu dans ce groupe, René Fonck posera auprès d’une emblématique cigogne afin de rendre hommage à ses amis tombés entre 1916 et 1918.

Pilote d’observation, c’est à bord d’un Caudron G4 (bimoteurs français) que l’as tricolore adopte les nouvelles techniques de combat et d’observation de l’aviation. A cette époque, l’avion est enfin considéré comme une arme et non un simple instrument de renseignement. « Une arme nettement offensive, soit dans la chasse aux avions ennemis, soit dans la destruction des troupes et fortifications au moyen de projectiles ».

~~En aout 1916, aux commandes de son G4, René Fonck réussit la manœuvre adaptée pour renverser un pilote allemand et le contraindre à se poser dans le camp français.

Néanmoins, le Caudron est rapidement déclassé : trop lourd, trop lent. Les troupes aériennes de Guillaume II, et notamment le Fokker E.III, bénéficient des innovations apportées par les ingénieurs qui ne cessent d’avancer vers la perfectibilité des forteresses du ciel. L’aviation est la véritable nouveauté de la Première Guerre mondiale, et les possibilités offertes par cette dernière, ne cessent de s’agrandir tout au long de la durée du conflit.

~~En 1917, René Fonck abattit le pilote Kurt Wisseman, vengeant son ami Geoges Gunyemer tué en septembre 1917. Les vols s’enchainent, se multiplient, et selon Maurice Boyau, il arrivait que René Fonck abatte jusqu’à cinq machines allemandes en une journée. C’est le génie du pilote, sauvegardé par ses coups d’œil et la maitrise de sa carlingue.

D’après ce même aviateur (Boyau) « Fonck dépasse tout ce que l’on peut imaginer. C’est n’est pas un homme, c’est un oiseau de proie. Là-haut, il sent l’ennemi (…) sans être vu ». L’homme choisit ses cibles, et abat ses griffes pour défricher ses adversaires.

~~René Fonck est un véritable chasseur. Tireur d’élite de formation, il entretient une ligne physique qu’il expose dans l’Entre-deux-guerres en décrivant ce qu’il juge comme étant l’entretient raisonnable d’un pilote de chasse : « les muscles doivent être en bonne condition, les nerfs équilibrés, l’organisme entrainé, sans surmenage et sans excès. Le régime, dès lors, est une obligation. L’alcool devient un ennemi et même le vin ; tous les abus sont également à proscrire ». Etre spartiate de corps et d’esprit.

Ces prestigieuses victoires aériennes lui offriront la gloire nationale : Fonck recevra la croix de guerre (28 palmes et une étoile) et sera désigné comme porte-étendards lors du défilé de la Victoire du 14 juillet 1919. (le défilé de la nation en armes).

~~Intrigant et fascinant, Fonck est un lointain souvenir qui mérite d’être replacé à sa juste valeur auprès des grandes figures que furent (et sont) Charles Nungesser (croix de guerre 1914-1918, aux 28 palmes et deux étoiles), Navarre, Guynemer, Chaput, Deullin… Considérés entre 1918 et 1939 comme les successeurs des chevaliers de la période féodale, l’histoire de France en a aujourd’hui, quelque peu oublié ses enfants du ciel. C’est pourtant à eux, ces « as des as », qu’elle dut une partie de sa défense et de ses offensives.

Mais l’écart est faible entre la mémoire et l’amnésie…

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