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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

L’escadrille des Cigognes

L’escadrille des Cigognes

~~Comment s'intéresser à « ce peu de bois et de toile qu'anime une pensée humaine » : l'aviation !

~~Le ciel est un milieu naturel qui a longtemps appartenu aux seuls oiseaux et autres espèces animales. Mais avec le siècle du machinisme, un certain Clément Ader installa sa roussette matérialisée en machine à volée. Cet environnement calme placé au-dessus des hommes, exempt des études darwiniennes, deviendrait alors un espace de découverte, de jeu, de lutte et de guerre. Non loin de là, la volonté de l'homme d'imposer sur ses pas, la marque de la bestialité.

Or en 1912, une année avant que le jeune Roland Garros se découvre un destin d'aviateur, l’État-major général de l'armée française décida de former les premières escadrilles d'aéronautique rattachées à l'armée de terre (l'armée de l'air n'est créée qu'en 1934), dont l'une d'elles, porte le nom « d'Escadrille des Cigognes ».

~~L'ère internationale est mouvementée. Les relations s'enorgueillissent, les âmes s'en vont en guerre, et cela se traduit par des événements diplomatico-militaires : Hubert Lyautey est nommé commissaire-résident général au Maroc ; Lord Haldane se déplace à Berlin pour limiter la politique de militarisation de l'Allemagne menée par le grand-Amiral Alfred von Tirpitz ; formation de la ligue Balkanique ; loi de défense en Autriche-Hongrie poussant le service militaire à deux ans ; le chef d'état-major Joffre signe un protocole d'entente et d'appui avec les russes en cas de déclaration de guerre ; Première Guerre Balkanique ; renouvellement de la Triple Alliance par l'Allemagne.

~~L'escadrille est dotée dans les premiers mois de Blériot XI-2 : avion issu des chaînes du célèbre constructeur Louis Blériot. Mais aussi du vieux Nieuport sur lequel volera Billy Bishop, ainsi que de SPAD VII et SPAD XIII.

Avec la Première Guerre mondiale qui débute en 1914, l'escadrille connait ses premières missions de reconnaissance. Les cigognes doivent voler, observer, profiter des hauteurs pour signaler les avancées allemandes. Bientôt viendra l'heure des tranchées : le blocage stratégique. L'aviation sera alors l'outil utile dégagé de toute contrainte. Rien ne doit être laissé au dépourvu.

~~Du haut, l'escadrille renseigne l'artillerie afin de terrasser les positions germaniques. Le casque à pointe doit subir la force des obus.

A partir de l'année 1915, l'escadrille est réquisitionnée pour des missions de bombardements tactiques. Les machines volantes Blériot IX, ont été remplacées par des Maurane-Saulnier, bien plus habiles pour mener des actions en profondeur des lignes ennemies. Au sein de ses rangs, l'escadrille compte de jeunes et bons pilotes que sont l'adjudant Dorme, le lieutenant Deullin, l'adjudant Chainat, le lieutenant De La Tour, le capitaine Guynemer et le colonel Tarascon.

~~En 1916, la cigogne est enfin plaquée sur les carlingues. Le choix provenant du commandant de l'escadrille, Brocard, pour qui la cigogne est un symbole d’une communauté de pensée (les pilotes se retrouvent pour partager l'expérience) et d'unité d'attaque.

En juillet 1916, l'escadrille est engagée dans la bataille de la Somme. Elle doit acquérir la maîtrise de l'air. La supériorité aérienne est nécessaire à l'apaisement des esprits du soldat au sol qui subit à la fois le feu du ciel, le souffle de l'artillerie, et le contact avec l'infanterie ennemie.

~~A la fin de l'année 1916, le Capitaine Guynemer pouvait revendiquer 53 victoires. L'As Français devançait alors le Sous-Lieutenant Dorme.

Mais le 11 septembre 1917, le capitaine Guynemer prenant en chasse le lieutenant Kurt Wissemann, ne revint pas de sa mission. Plongeant en direction de l'ennemi, le pilote français fut abattu à bord de son SPAD XIII. Sa mort sera annoncée par les journaux du Kaiser.

« Gloire à celui qui part
« Et puis que plus jamais on ne voit reparaître...
« Rien ne l'a rapporté,
« Nul ne l'a vu descendre. Ah ! C'est qu'il est peut-
être
« mo
nté, monté, monté... »

~~Quelques jours plus tard, « l'as des as » (142 carlingues ennemies abattues), le pilote des Vosges, Renè Fonck, qui a rejoint l'escadrille des Cigognes (il a réalisé l'exploit de contraindre un pilote allemand à atterrir sur le front ennemi), abat le 30 septembre 1917 le pilote allemand qui avait descendu son comparse Georges Guynemer. Ce même Capitaine qui avait dit de Renè Fonck qu'il disposait des capacités uniques de l'aviateur : « instantanéité, souplesse et coup d’œil, voilà les trois qualités primordiales qui distinguent le vrai chasseur » qu'est Renè Fonck.

~~En date du 11 novembre 1918, l'escadrille des Cigognes pouvait revendiquer 178 victoires (homologuées). C'était un véritable recueil, que l'histoire qu’écrivirent ces pilotes entre 1912 et 1918.

~~Comme le signifiait le Capitaine Georges Guynemer : « La chasse aérienne est un sport très dur. Obligeant à voler très haut, elle fatigue beaucoup les organes et force celui qui s’y livre à suivre un régime très sévère. Il faut proscrire les boissons alcooliques, ne boire que modérément du vin, ne faire aucun excès, se maintenir toujours dans une forme parfaite, les poumons doivent être en bon état, les muscles solides, les nerfs bien équilibrés. Il faut, en un mot, avoir une complète santé morale et physique. Faisons notre profit de ces conseils, et gardons pieusement dans notre mémoire les noms de ces jeunes hommes qui les ont mis en pratique d’une façon si belle, de ces rois de l’air qui ont tant fait pour notre France et pour sa gloire aérienne ».

~~ Des rois, des proies : c'étaient la brève histoire des pilotes de l'escadrille des Cigognes.

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