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Sabre-et-Esprit

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Soldats et diplomates de l'Armée française

Pensées du général Barès sur l’aviation

Pensées du général Barès sur l’aviation

~~« L’aviation n’est pas seulement un instrument de reconnaissance. Elle s’est rendue indispensable pour l’artillerie, l’offensive, la défensive, les missions éloignées, la liaison avec les troupes, la destruction d’infrastructures ennemies, le ciblage, l’avancée alliée ou tout simplement la maitrise des airs ».

1) De la guerre des Balkans à la Grande Guerre

Joseph-Edouard Barès, pionnier de la pensée militaire française, a laissé quelques maximes bien rodées sur l’art de la guerre des airs. Celui qui est sorti de l’Ecole militaire des officiers de l’armée de Terre (Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr) en 1982, a rejoint en 1912, le 25ème bataillon de sapeur-aérostiers. A l’instar de Giulio Douhet, il participa à la guerre des Balkans en tant qu’observateur auprès de l’armée Serbe. Puis vint l’heure des « somnambules »: l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand par Gavrilo Princip entraina un monde prospère et puissant dans la lutte armée.

Les rouages diplomatico-militaires s’enchainèrent à merveille. La grande faucheuse d’homme s’installa en Europe, et l’heure de l’aviation sonna par ricochet, son heure de gloire. Après les premières semaines de guerre, le Général Joffre, commandant en chef des armées françaises, prit conscience par l’intermédiaire ce chef de bataillon qu'est alors Edouard Barès, que les ailes françaises pourraient servir au bombardement des lignes ennemies en assistance du feu de l’artillerie.

C’est ainsi que Barès fut l’un des premiers officiers a révélé au commandement français l’inévitable énergie que procurait l’aviation militaire.

2) L'offensive sur l'arrière des lignes ennemies

Nommé chef du service aéronautique du grand quartier général, Edouard Barès mit à profit ses idées avec les besoins défensifs et offensifs de l’infanterie. Le grand avantage qu’il attacha à l’aviation, ce n’était pas comme on peut souvent le croire l’atout de la reconnaissance, mais celui de l’attaque en profondeur.
L’observation est nécessaire, impérative, l’officier qu’il est le sait, mais ce qui le réjouit en ces temps, c’est la profondeur, la destruction des lignes arrières, la séparation entre la ligne d’attaque et les troupes de ravitaillement.

Ainsi consigna-t-il sur un de ses carnets : « L’aviation est une arme, arme nettement offensive, soit dans la chasse aux avions ennemis, soit dans la destruction des troupes, cantonnements et fortifications au moyen de projectiles. Elle peut recevoir des missions distinctes, à plus ou moins grandes distances, ou attaquer en liaison avec les autres troupes ». L’offensive, voilà l’atout de l’aviation. Percer et annihiler la présence ennemie par l’établissement des missions indépendantes de celles de l’armée de Terre.

Un argument que l’on retrouvera dans La Maitrise de l’air de Douhet afin de justifier la création d’une armée de l’air indépendante sous l’ère mussolinienne.

Ce qu’il (Barès) constata à mesure de l’évolution de la guerre, c’était le champ ignoré de cet outil amené à voir de plus en plus loin. En effet, l’action de destruction s’étendait par la modernisation des machines volantes qui ne cessaient d’être de plus en plus performantes. Lui-même se mettait à rêver d’une armée de l’air capable de déstabiliser sur des étendues allongées, l’armée allemande, par la destruction de voies ferrées.

En vue de réaliser ses desseins, Barès se mit sous la main un groupe de bombardement destiné à ce type de mission en profondeur. En 1915, sur son instruction, un escadron fut chargé de bombarder les voies de communication allemandes à plus de 150 kilomètres de la ligne de front, ainsi que les casernes, hangars, dépôts et centres de commandement.

3) De la psychologie du soldat

Au-delà des dégâts matériels, Barès regardait avec attention l’impact des forces du ciel sur la psychologie du soldat. Car le feu est destructeur d’âme : « les effets du bombardement seront, au point de vue moral d’autant plus considérables que les avions agiront réunis ». La concentration de l’effort, un principe de la guerre.

4) En marche vers une armée de l'air indépendante

Finalement, à la fin de la Guerre, le lieutenant-colonel Barès commanda la région de l’est. Nommé général, il devint au début des années 1930, chef d’état-major général des forces aériennes. Un nom pas insensible à la création de l’armée de l’air indépendante, en 1934.

Aujourd’hui, ses pensées et ses écrits ont encore leurs usages. Un certain John Warden III les a repris pour la campagne aérienne de la Guerre du Golfe.

"Les oeuvres passent, les feuilles tombent, mais les règles de la guerre perdurent au-delà du temps".

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