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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

L’École spéciale militaire Saint-Cyr

Le Saint-Cyrien, on le reconnaît à sa capacité d'enthousiasme : elle est sans fond. Il mord à la vie sans ce soucier des hameçons. Il méprise les blasés et les tièdes. Il a horreur des garçons tristes, vieillots et rétrécis qui pullulent dans l'Université. Il y croit. Il est jeune.

Saint-Cyr, est un sanctuaire où l'on célèbre le culte des anciens et de l'exemple. Au musée, chaque visage rappelle un sacrifie, chaque emblème un moment d’héroïsme. Chaque objet est le témoignage d'un homme.

Silencieux, découvert, le futur officier devant ces reliques sent monter dans son âme le lien puissant qui le rattache au passé. Il découvre que l'homme ne peut aller plus loin dans le domaine du courage où tout a été inventé. Il trouve dans ces souvenirs la nostalgie des grandeurs passées qui alimente son ambition. « Rien n'est impossible » semblent lui murmurer ses anciens !

A Saint-Cyr, la tradition se cache partout : dans les statues, le nom d'une cour un d'un batiment, dans les chants, les cérémonies, la tenue. Elle est évoquée, discutée. On en cherche la signification et on la fait évoluer Et quand le Cyrard quitte son École, elle est si profondément enracinée en lui qu'il ne pourra plus jamais voir un casoar ou entendre le « pékin de bahut » sans sentir remuer quelque chose au plus profond de lui.

L'histoire de l’École spéciale militaire est liée très intimement à l'histoire de la nation française. Et il est curieux – et instructif – de suivre l'évolution du pays au travers de sa pépinière d'officiers. On constate que les caractéristique essentielles d'un régime se retrouvent à l'Ecole et que celleci dépend très étroitement du pouvoir central. N'était-ce d'ailleurs pas l'intention de son fondateur qui voulait avant tout former des officiers à sa convenance ? L'Empereur couvait tendrement son enfant. Malheur au commandant de l’École qui ne lui aurait pas fourni des hommes instruits comme il le désirait.

Ainsi, périodiquement, l'équilibre de la formation est transformé. Parfois, la balance penche du coté des disciplines militaires, parfois elle penche du coté des disciplines intellectuelles. Parfois l'Ecole est plus séminaire que Faculté, parfois l'inverse. Souvent, bien trop souvent hélas, les réformateurs donnent le pas aux connaissances sur le caractère et, régulièrement, les conflits armés démontrent l'erreur commise.

 

Pierre Sergent, Ma peau au bout de mes idées

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