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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Aèdes français dans la Guerre de sept ans

"L'éloquence des Cicérons, la poésie des Homères, le pinceau des Raphaels, la musique des Rameaux exprimeraient à peine Monsieur, ces transports de joie, cette ivresse, ce délire que la conquête de Minorque inspire aux Français".

La joie et la bonne humeur ! La gloire et l'honneur !

Les réjouissances se font ressentir en France après la prise de Minorque, un archipel située en méditerranée (mai 1756). Les sujets de Louis XV chantent à l'immortalité de leurs soldats. Le royaume vit au rythme des iles des Baléares. L'armée du roi est vue en symbole de grandeur. La France rayonne à l'extérieur. Poètes, chanteurs d'opéra... tous s'y accordent : le royaume de Louis XIV s'élève à nouveau en Louis XV.

Et si les armées triomphent à l'horizon des frontières naturelles de la France, l'humoriste Alexis Piron se laisse aller par le verbe en concordant une symphonie de mots :

Bon voyage, amis d'Angleterre
Au revoir belle garnison
Apprnez à faire la guerre
Sans bravade et sans trahison
Sur vos vaisseaux de transport,
Faites vos adieux au Port-Mahon !

S'ensuite la prise de Port-Mahon (commune de Minorque) qui est une surprise pour plus d'un homme dans cette Europe en guerre. Le soulagement s'entend en toute part du royaume, et la dérision s'enflamme dans les journaux parisiens. Un certain Charles Collé laisse filer son encre pour honorer la lutte acharnée des soldats de Sa Majesté : 

Ces braves insulaires
Qui sont, qui font les corsaires,
Ailleurs ne tiennent guères.
Le Port-Mahon est pris,
Il est pris, il est pris, il est pris:
Ils en sont tous surpris, 
Il est pris, il est pris.
Ces forbans d'Angleterre,
Ces fous ces fous, ces foudres de guerre,
Sur mer comme su terre
Dès qu'ils sont combattus,
Sont battus, sont battus, sont battus.


Car ce sont bien les Tuniques rouges de Georges II qui sont tombés en méditerranée. La Grande armée d'Angleterre subit la vapeur enchantée de la guerre française. 

En cette année 1756, la France se réenchante par son armée. Elle reprend gout à la grandeur, et en son Roi, elle voit la symbiose entre politique nationale et politique extérieure. L'unité tient en l'épée.

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