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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

La jeunesse d'Erich Hartmann

" Le génie, réside dans la capacité à transcender les règles par l'innovation".

C'était un jeune aigle allemand. Un enfant de la Grande Germanie au visage juvénile dont l'histoire personnelle au sein de la Luftwaffe aurait inspiré facilement une partition de Richard Wagner. Ce Parsifal du ciel incarne à la perfection l'adolescent de la jeunesse hitlérienne. Souriant, frêle, élancé comme un lévrier, Erich Hartmann dont le surnom, "Bubi" (gamin) le ramène à son âge de junior aura été un des plus grand As de la Seconde Guerre mondiale. Ce bon vivant tout droit sorti des Napola (école d'élite Adolf Hitler) sera surnommé par la puissance soviétique le "diable noir du sud" en raison de ses nombreuses victoires remportées à bord de son Bf 109. Avec 352 succès, le roman d'Hartmann va bien au-delà du simple triomphe de la volonté. Il est un exemple d'acharnement, d'entêtement et d'exigence pour plus d'un pilote.

Le génie d'un louveteau

La longue et passionnante vie d'Erich Hartmann débute à Weissach (commune de Bade-Wurtemberg en Allemagne). Né en avril 1922, l'enfant blond aux yeux bleus est l'héritier d'un père militaire, ancien combattant de la Grande Guerre. En raison de la misère de l'après-guerre (dont nous avons traité une partie de la chose dans un article précédent intitulé "La misère des soldats de l'Entre-deux-guerres) Hartmann quitte l'Allemagne pour l'Asie. De retour en Allemagne à la fin de la décennie, il part étudier au Gymnasium de Boblingen, une ville située à 20km de Stutgartt. Très tôt il se passionne pour le ciel et ses inconstances. La météo, l'aviation, la force du temps qui change à vue d'oeil le passionne au plus haut point. De cet espace inédit, il s'imagine seul dans un cockpit, isolé de la misère humaine, survolant les forêts de pins allemandes élancées sur des kilomètres. Il se rêve au-dessus de la "Schwarzwal", la majestueuse Forêt-noire du Bade-Wurtemberg implantée dans le sud de l'Allemagne. Et entre ses rêves et la réalité, il n'y a qu'un simple canal à surpasser.

Prédestiné à l'aviation, Hartmann a fortement été influencé dans son enfance par sa mère. Femme engouée par les exploits humain des pilotes Allemands, Anglais et Français de la Grande Guerre, elle n'en avait que pour Hartmann. Influer sur la vie de son fils pour en faire un pilote de chasse comme le "Baron Rouge" Manfred von Richtofen était un voeu pieux pour cette germaine au coeur d'acier, digne héritière des valkyries.  

Eduquer à l'impesanteur terrestre, le gosse du sud de l'Allemagne passe de longues heures à lire et relire les exploits des as de la Première Guerre mondiale. Pris d'affection pour ces aigles à la croix de fer, il rejoint naturellement la Flieger-HJ. La-bas, il surclasse assez facilement ses camarades qui ne cessent de lui en vouloir d'être aussi prodigieux dans l'art de la guerre des airs que dans celui de la réflexion humaine. Et ses exploits sont trés vite couronnés par des récompenses estudiantines qui précèdent les décorations militaires. Ainsi, le jeune fauve ne peut dissimuler ses qualités de soldat. Comme de nombreux enfants de la Hitlerjugend, il jouit des cours sur planeur offerts par l'institution. C'est à partir de l'aéro-club de Weil im Schonbuch qu'il effectue ses premiers envols, et très vite, il est charmé par la folie humaine de la voltige. 

Du statut d'écuyer à celui de chevalier des airs

A 14 ans, la tête blonde obtient sa licence de pilote de planeur, puis s'élève au rang d'instructeur de vol à voile. Marchant sur les pas de l'aristocrate Richtofen, Hartmann ne se refuse aucunes limites. Guerrier par nature, il est régulièrement sermonné par les grandes personnes pour son enclin à faire ce que les normes réfutent.

Si l'enfant mûri vite, il ne peut encore participer aux bombardements d'Espagne avec la Légion Condor. C'est également de son domicile qu'il suit l'actualité journalière sur les exploits de la Wehrmatch en Pologne. La Norvège, la Belgique, la Hollande... les missions de la Luftwaffe s'enchainent et s'accumulent. Les victoires sont chaque jour diffusées sur les ondes nationales de la Grossdeutschland, et le cinéma contrôlé par les hommes de Goebbels ne lésinent pas sur les images de propagande qui doivent servir l'engagement et l'avenir du Reich allemand. 

C'est alors que la guerre de France se termine sur les exploits du Generalmajor Rommel qui exploita parfaitement les principes de la guerre motorisée - énoncés pour partie par le Generaloberst Guderian - que l'adolescent Erich Hartmann atteint son dix-huitième anniversaire, le 19 avril 1940. Profitant de sa sagacité et de son génie, il rejoint la Luftwaffe en étant affecté au Flieger-Ausbildungs-Regiment 10 de Neukhuren. C'est d'ailleurs en Prusse qu'il a pris connaissance des trois premières victoires d'Adolf Galland dans le ciel belge contre des Hawker Hurricane de la Royal Air Force. 

Ses premières années se finalisent sur cet engagement qui laisse son passé de jeune loup hitlérien aux éducateurs de la HJ, pour saisir les rudiments de la guerre aérienne au sein de la Luftwaffe, en tant que soldat. Enfin pilote, Hartmann va pouvoir aiguiser sa machine pour aller chasser sur les terres slaves de l'Est avec le déclenchement de l'opération Barbarossa. 

Vers les premiers faits d'armes

Du ciel rouge des steppes, dans une fureur incontrôlable, le jeune Hartmann allait bientôt devenir le plus grand pilote de chasse de tous les temps. Un génie d'Europe parmi les étoiles de l'univers.

 

"Les petits génies songent à tout conserver, les gens de tête s'attachent au principal ressort". 

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