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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Général de Woillemont : retour sur les oubliés de la vie française.

Dans une réflexion sur l'opération Barkhane, le général de division Xavier de Woillemont, qui commande la "Guerre au Mali" (G5 dans sa véritable globalité) depuis le mois d'aout 2016 est revenu sur l'approche militaire française sur le continent africain.  

Sa pensée militaire s'inscrit parfaitement dans celle de ses ancêtres qu'étaient les Bugeaud, Lyautey ou Gallieni. Certains mots renvoyant directement nos instincts aux théories de David Galula ou, plus récentes, aux pensées des généraux américains à l'origine de nombreux rapports pour le Pentagone, lors des guerres d'Irak et d'Afghanistan.

"Jusqu'à présent nous avons fait de gros efforts au Nord-Mali dans le but de détruire les GAT dans cette zone? Nous les avons fortement perturbés et neutralisés en partie. Pendant ce temps, la menace a resurgi dans le centre du pays".
 

"Sahéliser" Barkahne

Selon le général, la réponse à l'évolution de la menace passera par un camouflage des forces par le processus de l'assimilation à l'environnement (humain, géographique, climatique...). On ne contrera l'ennemi qu'en devenant miroir de ses pratiques, tout en jouissant de l'avantage technologique et humain. Car ce sont bien nos hommes qui font la différence sur place. Leurs efforts sont sans commune mesure, quand on analyse le sang et la sueur exhalés sur le sable chaud d'Afrique. De la peine et des tension si peu reconnues par un Etat et une "nation".

Finalement, en Afrique du nord les soldats tricolores subissent la double entorse morale et financière au nom des intérêts français. Des intérêts protégés par des hommes une nouvelle fois oubliés - excepté par les acteurs de la vie militaire française - du monde médiatique, civil et politique... Que de frustrations pour ce pays en décomposition.

"Il faut "sahéliser" Barkhane, devenir des nomades dotés des moyens du XXIe siècle, afin de s'adapter à un terrain où nous affrontons un ennemi furtif qui ne nous attaque pas directement". "Il ne s'agit pas seulement de taper les GAT mais de mener une lutte anti-insurrectionnelle, de gagner les coeurs".

Dans la BSS, l'armée agit, en soi, à la "manière des anciens". Reprenant à sa guise les coutumes de la contre-insurrection développées en Algérie, au Maroc, en Indochine, ou encore dernièrement en Afghanistan. 

Longue vie au dernier grand bastion de notre civilisation : notre armée.

 

Dernier écrit : Les guerres françaises du XXIe siècle (312 pages, éditions Atelier Fol'Fer)

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