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Sabre-et-Esprit

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Soldats et diplomates de l'Armée française

Parachutisme : saut HAHO

Le saut HAHO, pour High Altitude- High Opening ("Haute altitude ouverture haute") ou DSV (Dérive sous voile) est une technique de saut à haute altitude (8000m à 10 000). C'est ce qui se fait de "mieux pour infiltrer une cible le plus discrètement possible".

Lors d'un saut HAHO, on ouvre son parachute peu après avoir quitté l'avion et on dirige sa voile jusqu'au point d'atterrissage.

Mark Owen, qui a récemment fait part dans plusieurs écrits de son expérience au sein de la Team 6 des Navy Seal, relate son expérience avec ce type de saut opérationnel, principalement utilisé pour les missions en profondeur, en arrière des lignes ennemies. Un saut de très grande hauteur qui permet de faire planer le parachutiste sur des distances dépassants les 50 km. Un facteur d'allongement de la notion d'espace non négligeable pour une mission d'infiltration. 

"Je m'étais qualifié en chute libre à la Team five, mais je n'ai maitrisé l'art du saut qu'au DEVGRU. Pour être honnête, je dois dire que sauter d'un avion au début, me faisait peur. Ce n'est pas du tout naturel de s'avancer au bord de la rampe et de se jeter dans le vide. Non seulement j'avais peur, mais j'avais horreur de ça. J'étais obligé de respirer l'oxygène pendant la montée. Mais après chaque saut, une fois au sol, je jubilais. Et le lendemain, j'avais de nouveau des suées à l'idée de recommencer. Je me suis obligé à multiplier les sauts, et les choses ont fini par devenir plus faciles. Pareil pour le BUD/S (...). En 2005, lorsque j'étais déployé en Irak (...) nous nous entrainions régulièrement à ces missions".

En 2009, on se rappelle tous de l'opération sur le Maersk Alabama. Ce cargo commandé par Richard Philipps qui fut capturé par des pirates somaliens à partir de simple embarcations. Or des Navy Seals furent appelés pour réaliser une missions d'infiltration sous voile à partir d'un C-17. La mission se réalisa de nuit, comme la plupart des actions spéciales. Une mission à laquelle prit part le soldat Owen. 

"Nous sautions au-delà de l'horizon de l'USS Bainbridge pour que les pirates ne puissent pas nous voir. On devait rejoindre l'USS Boxer, un bateau d'assaut amphibie transportant d'ordinaire des Marines (...) Afin que toute le personnel nécessaire gagne l'USS Boxer, nous devions sauter en tandem avec des passagers (...) Au signal des six minutes, tout le monde se leva pour procéder aux dernières vérifications.

La rampe se rouvrit (...) c'est vert, allez ! 

Le parachute de freinage jaillit de mon dos. cette petite voile, en binôme, permet à la fois de se stabiliser et de controler sa vitesse pendant la chute libre. j'ai suivi la procédure et déclenché l'ouverture de la voile principale exactement comme dans mes centaines de sauts précédents. Le ballet de mes camarades qui tournoyaient pour éviter de s'entrechoquer leurs parachutes rappelait les combats de la Seconde Guerre mondiale.

Au moment de toucher (l'eau), je tirai sur mes suspentes et m'enfonçai dans l'eau tiède".

Ce saut avait permis à plusieurs groupes commandos une approche anticipée et modérée de la cible, qui se soldat par l'éradication de trois pirates somaliens sur les quatre, sans que ces derniers aient eu une quelconque visibilité sur la mouvance des Navy Seals.

L'imprévisibilité découlant du saut HAHO est gage de sécurité pour les parachutistes, même s'il ne garantie pas une réussite absolue de la mission. Il reste néanmoins un moyen particulièrement apprécié des soldats en raison de la largesse proposé en terme de maitrise de la navigation ainsi que du silence. Deux clés de la réussite d'une mission en profondeur.

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Stephane 25/05/2017 21:06

Bonjour,
article intéressant, néanmoins les puristes vous dirons que l'on ne parle plus de dsv depuis quelque temps mais plutôt d'isv (infiltration sous voile) le terme dérive avait un coté péjoratif de non maitrise de l'itinéraire.
bien cordialement
stephane