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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Marengo et la mort de Desaix

Aussi modéré que capable aussi modeste qu'instruit, mêlant la fermeté à la douceur, Desaix prouvait par sa conduite et ses discours qu'il n'aimait la gloire que pour elle-même, et j'affirme que tout sentiment de pouvoir et de domination politique lui était étranger. L'amitié de Bonaparte pour lui allait jusqu'à l'enthousiasme. On regardait la bataille comme perdue, et elle l'était en effet, car le Premier consul ayant demandé à Desaix ce qu'il en pensait, e bon et brave général lui répondit : « La bataille est complètement perdue ; mais il n'est que deux heures ; nous avons le temps d'en gagner une autre aujourd'hui ». Ce fut le Premier consul qui, le soir même, me rapporta ces simples et héroïques paroles... Après le souper, le Premier Consul me dicta le bulletin de la bataille. Je lui dis : « Général, voilà une belle victoire !... Vous devez être satisfait ? - Oui, Bourrienne, je suis satisfait, mais Desaix !... Ah ! Que la journée eut été belle ce soir j'avais pu l'embrasser sur le champ de bataille ! ». Je vis Bonaparte sur le point de verser des larmes, tant était vraie et profonde la douleur que lui causait la mort de Desaix.

Mémoires de Bourienne

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