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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

La légende du Roi soleil

"Je vois bien que la vérité qu'on nous demande tant est bien difficile à prouver, qu'à écrire"

Racine

Il fut l'archétype du Hercule moderne. Lui le roi qui gouverna de son unique personne.

Cet antique homme drapé dans un manteau bleu, a posé la main sur la terre héritière de la Gaule. Il s'y est fait roi. Roi du grand vaisseau qu'est l'Etat français. Un Etat au trésor bourré par l'impôt, un Etat peuplé de peuplades européennes, un Etat couronné par l'or de son sol, la chevelure de ses femmes, la poigne de ses hommes. Cet Etat, le roi allait en faire le théâtre de son siècle. Le monde l'écouta. L'univers s'y disposa. Seul l'ignorant, en ce siècle, méconnaissait Louis.

Sur le chemin de la pièce, le cortège européen était admirateur. Contemplateur ne signifiant point, soumission. Tout y était chez les princes voisins : la jalousie, la concurrence, la contemplation, la tolérance... la passion.

Ce roi avait réussi son oeuvre. Il naquit homme, et se fit dieu. Accompagné par Minerve, la Gloire et la Victoire, le prince des fêtes, de l'administration absolue, du théâtre, de la musique, des arts et des sciences, de l'art militaire...ce souverain sans égal en avait sur et sous la couronne. Entouré par une cour qui traversa guerres et paix, colère et bonhomie, il bâtit un royaume qui se voulut absolu. Le cortège de ses fidèles l'accompagna jusqu'à son dernier râle. Il faut dire que le capitaine conserva avec poigne le vaisseau français.

Certains des hommes qui vécurent sous le siècle du roi-dieu sculptèrent sa légende. Trois d'entre eux nous sont communs. En voici des extraits qui laissèrent sur ce glorieux personnage.

Voltaire ou l'émerveillement :

"Le siècle de Louis XIV est peut être celui des quatre (Périclès, Auguste, Médicis, Louis XIV) qui approche le plus de la perfection. Enrichi des découvertes des trois autres, il a plus fait en certains genre que les trois ensemble. Tous les arts, à la vérité, n'ont point été poussés plus loin que sous les Médicis, sous les Auguste et les Alexandre; mais la raison humaine en général s'est perfectionnée. La saine philosophie n'a été connue que dans ce temps; et il est vrai de dire qu'à commencer depuis les dernières années du cardinal de Richelieu, jusqu'à celles qui ont suivi la mort de Louis XIV, il s'est fait dans nos arts, dans nos esprits, dans nos moeurs, comme dans notre gouvernement, une révolution générale qui doit servir de marque éternelle à la gloire de notre patrie".

Fénélon fustige la folie du pouvoir :

"Ces grands conquérants qu'on nous dépeint avec tant de gloire ressemblent à ces fleuves débordés qui paraissent majestueux, mais qui ravagent toutes les fertiles campagnes qu'ils devraient seulement arroser". 

Saint-Simon sur la Cour:

 "Le roi jetait un coup d'oeil tout autour, et nommait tout haut un de ceux qui y étaient, à qui le premier valet de chambre donnait le bougeoir. C'était une distinction et une faveur qui se comptait, tant le roi avait l'art de donner l'être à des riens. Il ne le donnait qu'à ce qui était là de plus distingué en dignité et en naissance, extrêmement rarement à des gens moindres, en qui l'âge et les emplois suppléaient". 

 

 

Dernier écrit : Les guerres françaises du XXI siècle (312 pages, sur Amazon)

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