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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

Pierre de Villiers : le CEMA et l'obsolescence du matériel français

On est en juin 2015. Le Chef d'état-major des armées, Pierre de Villiers, se présente devant la Commission de la défense.

Faisant face aux députés, représentants de la Nation, il fait état d'une anecdote vécue lors d'un de ses déplacements dans le nord Mali. Il raconte avoir embarqué dans un véhicule de l'avant blindé, autrement connu sous l'acronyme de VAB, soit un véhicule français... dont la date de livraison remontre à 1983. On est en 2015, l'engin a 32 ans.

Alors il poursuit. Il fait part de l'usure du matériel. Du soldat qui fatigue. De l'ossature de l'Armée qui subit les années successives d'oublie. Du manque de thérapie. Du Trésor de Bercy qui dépense à droite, à gauche, sans porté le moindre regard sur la vie de ses soldats. Puis il en vient aux conditions extrêmes du continent Africain qui "provoquent une dégradation majeure des ensembles mécaniques". En outre, "20% des matériels terrestres de retour de l'opération Barkhane sont irrécupérables". Et d'ajouter "sans moyens financiers supplémentaires pour l'entretien des matériels, nous mettons en danger notre personnel". C'est le présent... Le danger. Le danger de prendre un hélicoptère qui tourne avec des pièces de récup; des VAB vieux de tous les théatres... Une France à double vitesse. 

Puis il termine sur le terrorisme. Le sujet qui plait aux télés, celui qui fait les scoops. Le centre névralgique qui semble guider la psychologie des foules. Peut être l'argutie qui peut obliger Bercy à lâcher quelques pièces pour "les gardes de la République" : "faute de matériel en état j'ai été amené à reporter des opérations souvent par insuffisance de moyens"...

Mais bon, en juin, les français pensent à la plage, aux vacances sur le littoral, à la voiture qu'il faut réparer. Pour les élus, c'est le même wagon. Les idées vont ailleurs. Pourquoi réfléchir à la sécurité du pays quand l'enjeu est au Mali ? Le même "pourquoi" qu'on a retrouvé bien trop souvent dans l'histoire du pays. Le "pourquoi" de la veille, avant que les frontières flanches, que les cartes tombent... Les loups étaient déjà dans Paris.

 

 

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