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Sabre-et-Esprit

Sabre-et-Esprit

Soldats et diplomates de l'Armée française

La guerre et le temps : fragile frontière

Le temps. Que le temps est court pour bien des points. Les inventions modernes ont rapproché les esprits. Et les armes avec. 

Au derrière de chaque Etat se mêlent vertus et vices. Or, les inventions ont favorisé le défoulement des passions, de l'impulsion, du conflit. Quant il fallait du temps à Richelieu pour méditer sur la guerre, il ne faut aujourd'hui que quelques minutes pour décider d'une offensive, d'un bombardement, d'une destruction. Ainsi, le sort des Etats, comme des peuples, est devenu sur terre, un outil dangereux lorsqu'il est abandonné aux mains des impulsifs. 

Dans ses Essais d'histoire et de critique, Albert Sorel, l'historien spécialisé dans l'étude de la diplomatie, de la Révolution et de l'Empire, avait fait état en fin connaisseur des hommes, de se fil de plus en plus fin, qui sépare "Guerre" et "Paix". A qui croit que le progrès amène le second des traits évoqué, bien stupide qui s'y fie. Le bon sens et le saint-esprit n'ont de place sur la réalité des mouvements. La passion humaine, elle, garde ses droits. Et qu'il peut être court le temps entre la joie et la colère. La vie et la mort. La guerre et la paix...

"Maintenant, quelques heures suffisent pour allumer et résoudre en guerre les querelles des Etats; quelques jours suffisent pour précipiter l'une contre l'autre des nations armées. La victoire est au mieux muni et au plus alerte. Il faut donc se hâter, et cette hâte devient une cause nouvelle de trouble, d'aberration et d'erreur. La gravité des intérêts engagés, la responsabilité encourue, la nécessité de n'être ni devancé même prévenu, l'agitation populaire au milieu de laquelle il faut agir, obscurcissent les intelligences les plus claires et paralysent les volontés les mieux affermies. Il faut désormais aux hommes d'Etat, surtout dans les démocraties, les qualités trés supérieures et des vertus exceptionnelles. Il se trouve justement que le milieu dans lequel ils vivent et les redoutables instruments dont ils ont à se servir tendent au contraire à en affaiblir le ressort... Par un singulier contraste, les hommes d'autrefois, qui étaient les moins exposés à ces périls, étaient infiniment mieux préparés à les bravers que ne le sont les hommes d'aujourd'hui"

Il faut dire qu'un Louvois, un Vergennes ou un Henri de Ségur méditaient largement leur décision avant de les présenter au Prince. Il en allait d'un temps, déjà lui même raccourci sur celui de leurs aieuls. 

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